Les infirmières

C’est par la mise en place d’une formation que naquit, à la fin du xix’ siècle, la profession d’infirmière en France [23]. Dans les années vingt, il fallut deux ans pour qu’un texte précise à l’issue de quelle formation était délivré le brevet de capacité. Puis intervint une réforme du diplôme d’État en 1938, une autre en 1943, et encore quelques-unes avant que celle de 1961, conservant la durée des études sur deux ans, mais en en améliorant la qualité et les exigences, n’inscrive la formation des infirmières dans le cadre plus large de la réforme du système de santé et de formation sanitaire français. Augmentant la durée des études, renforçant considérablement leur aspect théorique, les réformes de 1972 et 1979 ont adapté la formation des infirmières aux progrès de la médecine et à l’élévation du niveau scolaire de la population : ce sont des bachelières que l’on recrute de plus en plus pour une pratique de plus en plus complexe.

Depuis 1992, une seule filière concerne l’ensemble du personnel infirmier, la formation d’infirmier de service psychiatrique ayant disparu. En dehors d’aspects pratiques concernant la durée des stages, la répartition des horaires, cette réforme donne, pour que les relations soignant/soigné n’aient pas que des bases empiriques, une place de choix à un enseignement en sciences sociales (ce qui est aussi une conséquence de la disparition de la formation d’« infirmier psy » : toutes les élèves- infirmières réfléchissent un peu plus). Les élèves-infirmières (que l’on appelle désormais étudiantes en soins infirmiers) doivent être moins infantilisées, l’organisation de la formation et le suivi pédagogique prenant dorénavant en compte le fait qu’il s’agit d’adultes bacheliers ayant souvent une expérience de la vie active ou de l’enseignement supérieur. Le fait que les générations précédentes de monitrices, à la formation parfois incertaine, soient parties à la retraite et aient été remplacées par des titulaires du certificat de cadre (à plus de 86 %), par surcroît souvent diplômées de l’enseignement supérieur, est pour beau

coup dans cette évolution. Plus à l’aise, moins troublés par une évolution qu’ils arrivent à analyser, les formateurs actuels sont plus à même de contribuer à une formation de qualité.