La formation continue

Comme tous les travailleurs, ceux de l’hôpital ont droit à une formation continue, ce qui est réaffirmé par la réforme de 1990. Pour la qualité des soins, ce droit devrait être reconnu comme un devoir, considéré comme une obligation. Or le personnel suivant des sessions n’est que rarement remplacé. Dans les services de soins, il peut être mal vu de partir en formation. Si la surveillante n’a qu’une conception à court terme et limitée de sa fonction, elle n’hésite pas à faire pression sur les agents pour qu’ils ne fassent point usage de leur droit à formation. Tout cela n’est pas spécifique du travail dans le secteur de santé (on peut relever le même phénomène dans l’enseignement secondaire), mais freine toute politique de formation continue du personnel.

Dans le cas des médecins des CHU, la formation est inhérente à leur exercice. Sans même évoquer les congrès dans les stations balnéaires organisés par les laboratoires pharmaceutiques, les médecins et chirurgiens des hôpitaux non universitaires tout comme ceux des cliniques participent à différents

types de sessions, les animent parfois, suivent l’évolution de leur spécialité. Il est rare que l’obtention d’un poste mette fin à une formation qui a duré des années. Dans ce cas, plus encore que pour les soignants, l’actualisation et l’élargissement des connaissances professionnelles sont une nécessité. Aussi, la partie de la réforme hospitalière de 1996 faisant obligation d’un bilan quinquennal d’entretien et de perfectionnement des connaissances pour chaque médecin hospitalier peut sembler quelque peu superflue (sauf s’il s’agit de tenter d’obliger certains médecins à se reconvertir dans le cadre du redéploiement de moyens et d’obsolescence de certaines spécialités).

Tous les personnels ne bénéficient pas dans les mêmes conditions, dans les mêmes proportions, de la formation continue. S’en tenir aux chiffres permet de constater qu’en coût comme en journées, la participation croît avec la hiérarchie, comme dans les autres secteurs du monde du travail. Ce n’est guère surprenant : la scolarité des cadres a été plus heureuse, plus longue, plus gratifiante que celle de la plus grande partie des personnels moins qualifiés, et ceux-ci hésitent à faire une démarche leur apparaissant comme un retour à l’école.

Comme les autres fonctionnaires, les agents hospitaliers peuvent bénéficier de congés de formation professionnelle. Des formations individuelles (à caractère professionnel ou non) peuvent être prises en charge financièrement, une partie ou la totalité en étant pris sur le temps de travail. Les établissements mettent en place des plans de formation, d’adaptation professionnelle et d’actualisation des connaissances ou générales et promotionnelles. Les formations de type professionnel concernent tous les éléments pouvant intervenir dans le cadre hospitalier : informatique, hygiène, thérapeutiques, nouvelles technologies, communication. Elles sont de qualité inégale ; dans certaines, des universitaires font le point sur leurs recherches tandis que d’autres sont confiées à des cabinets privés spécialisés dans ce type de prestation. Les formations générales préparent le plus souvent à des équivalences du baccalauréat permettant de poursuivre des études universitaires ou à des concours d’entrée dans des écoles paramédicales. Le fait que le programme de ces concours ait été aménagé en 1995 afin de prendre en compte une expérience professionnelle s’inscrit dans cette volonté de formation continue.